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2017

Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort

Maison Alfort (94)

Vue depuis l'avenue Général de Gaulle

Construction d’un bâtiment de recherche animal (bâtiment Auguste Chauveau) et réhabilitation/extension d’un bâtiment vétérinaire regroupant le département de productions animales et de santé publique (DPASP) (bâtiment Edmond Nocard).

2017

Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort

Maison Alfort (94)


Pour son territoire historique – et la renommée de son enseignement –, l’EnvA porte de grandes ambitions.
En définissant un schéma directeur immobilier, en engageant à courte échéance les réalisations et/ou restructuration de quatre équipements phares, elle confirme sa détermination à sceller, dans le 21ème siècle, ses lettres de noblesse.
En confiant deux d’entre eux – Nocard et Auguste Chauveau – à une même équipe de concepteurs, elle atteste de la dynamique qu’elle souhaite impulser à ses projets d’avenir. Ces deux équipements – totalement dissociés dans leurs destinations comme dans leurs exigences fonctionnelles et techniques – devant ensemble porter ce même dessein. Devant ensemble présager de l’évolution du site et de son image.
Mais c’est avec humilité qu’ils choisissent de s’inscrire dans l’histoire passée et à venir des lieux et c’est avec l’élégance de l’abstraction qu’ils dessinent une architecture tout à la fois enveloppante et évanescente.
Le site Nocard, privilégié pour sa proximité avec Camille Guérin avec lequel il constituera un véritable pôle clinique, doit défier quelques contraintes – patrimoniales puisque, soumis à la vigilance de la DRAC, il doit contribuer à valoriser ses bâtiments originels et tenir compte de son vis-à-vis avec le bâtiment Blin, et urbaines puisque, soumis aux règles du PLU, il doit encore tenir compte du parcellaire limitrophe investi par un habitat ancien.
Et si sa densification s’énonce ainsi délicate, elle trouve in fine toute sa pertinence dans le respect des figures imposées. Et parfois, il est vrai, dans leur réinterprétation, à condition que celle-ci soit toujours motivée par la volonté d’exacerber les qualités du site existant...
C’est ainsi que la surélévation de l’aile ouest, pourtant acceptée par la DRAC, a été évitée – par refus catégorique de dénaturer la toiture et par volonté conservatoire au regard de l’épure originale du bâti. À cette solution, proposée pour loger à R+1 de nécessaires surfaces, a donc été privilégiée la réalisation d’un niveau partiel enterré acceptant toutes les fonctions qui pouvaient s’y soumettre.
C’est ainsi encore, que les bâtiments neufs ne se construisent pas en brique, préférant à ce matériau suggéré, une matière unique, plus douce, plus soyeuse, capable de s’installer dans le site en résonance avec l’histoire bâtie. Une résonance subtile et poétique que traduit une tôle d’aluminium anodisé, couleur champagne – et perforée. Le dessin des perforations rééditant le calepinage de la brique. Lequel semble peu à peu (du bas vers le haut) se dématérialiser, pour ne laisser in fine à la lecture que la finesse de ses joints, et apparaître en bout de course ascendante, tel un « écorché » de la matière. Écorché d’autant plus opportun qu’il devient en tête de bâti ici volière et là simple paravent d’une terrasse belvédère.

C’est ainsi enfin que les surfaces construites pour satisfaire l’ampleur du programme, choisissent de se séquencer et de se répartir dans des volumes affinés.
S’installe ainsi en vis-à-vis de l’aile ouest du bâtiment Blin, dans l’encoche parcellaire qui vient effleurer de sa proue la limite du territoire de l’EnvA, un bâtiment lame mono orienté, élevé à la hauteur de l’ancienne cheminée et comme en écho des bâtiments d’habitation offrant également leur proue à l’avenue du Général de Gaulle. Bâtiment item donc, ponctuant le site et le linéaire de l’avenue, il s’identifie comme le témoin délicat du renouveau de l’EnvA.
S’installent aussi, de part et d’autre de la chaufferie et de sa cheminée, dans l’axe des ailes historiques deux bâtiments « allumettes ». Deux bâtiments bas qui délimitent un ample parvis en vis-à-vis de la rotonde du bâtiment Blin et qui, en poursuivant leur course au-delà de l’emprise de la chaufferie, renforcent les effets de symétrie de la composition originelle.
S’installe encore, dans l’axe nord-sud de ladite composition, un petit bloc sanitaire, en lieu et place exacts des urinoirs historiques, qui permet de séquencer les espaces extérieurs et d’appréhender les proportions de la cour carrée centrale dont le dessin est par ailleurs confirmé par le déroulement, en sa périphérie haute, d’un auvent de verre. S’installe enfin, dans l’entre-deux – entre l’aile ouest et la limite parcellaire – notamment libéré par la démolition du bâtiment « jardiniers et pathologies », un bâtiment complémentaire qui, s’il enveloppe l’aile ouest, en laisse avantageusement, et sans contredire le PLU, émerger la partie supérieure comme la rive de la toiture.
Dans cet univers d’allégeance à l’histoire, le programme réussit à s’infiltrer
avec simplicité et précision, avec efficience et respect au regard des proximités fonctionnelles requises, des principes nécessaires de sécurité d’accès et sanitaires, des contraintes techniques et des enjeux inhérents à l’évolutivité des lieux...
Les espaces tertiaires gagnent le bâtiment lame.
Les espaces de stockage et les vestiaires investissent respectivement l’un et l’autre des bâtiments « allumettes ».
Les étables « non indemne IBR », « Reproduction animale » s’enroulent dans l’aile est et le pavillon central.
Le plateau technique, l’étable « Indemne IBR » (l’un et l’autre amorcés dans l’aile ouest) et le CEDAF s’étirent dans le bâtiment interstitiel. Le CEDAF captant des surfaces à R-1 et en toitures terrasses. Sur ces dernières, comme sur celle d’ailleurs du bâtiment allumette adjacent, il place, contenues dans leur écrin champagne, ses grandes et moyennes volières.
Quant à l’amphithéâtre et à son espace de démonstration chirurgicale, il met à profit les qualités spatiales et architecturales de l’ancienne chaufferie.

Et c’est ainsi que ce programme, pluriel donc, et aux pièces parfois antinomiques, en relevant tous les défis patrimoniaux d’un site sensible, techniques d’un site vétérinaire de dernière génération, et architecturaux d’une image volontairement évanescente, s’énonce telle une clé de voute.
Une clé de voute pour un territoire qui se projette dans l’avenir sans renoncer à son âme.

Informations

Maître d’ouvrage
ENVA

Maîtrise d'œuvre
Olivier Contré, architecte associé Kardham

Site
7 Avenue du Général de Gaulle, 94700 Maisons-Alfort

Calendrier
2017

Type de projet
Laboratoires animaliers d'enseignement

Type de mission
Concours MOP

Surface
7 484 m² SDP

Montant travaux
15,5 M€ HT 

Associés/BET
Architecte du patrimoine : Archipat
BET : WSP, LAB Consulting

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